sentiersdelaperdition

Dans les années 30, à Chicago, Michael O'Sullivan junior est très admiratif de son père. Lorsqu’il va découvrir que ce dernier tue des gens pendant ses missions secrêtes, il va vite prendre peur. Mais quand Conner Looney abat sa famille, Michael va devenir un ange de la mort prêt à tout pour éliminer le fils du patron de son père.

Sullivan père et fils

     Avec les Sentiers de  la Perdition, Sam Mendes signe après l’incomparable American Beauty un film noir d’une grande qualité. S’il n’a pas la même force de caractère et d’émotion que son inoubliable premier film, il ressort néanmoins évident que le cinéaste a un talent incroyable. Son sens inné de la réalisation et son côté un tantinet perfectionniste contribuent à le faire appartenir au cercle restreint de ces réalisateurs qui font l’unanimité très rapidement et dont chaque nouvelle production sera attendue avec impatience – à l’image du prochain Revolutionnary Road, en tournage actuellement, qui réunira Kate Winslet, Leonardo DiCaprio et Kathy Bates.

    Il fait également le choix bien avisé de s’entourer de la même équipe technique qui lui avait si bien réussi. On retrouve donc à nouveau Conrad L.Hall, le très doué directeur de la photographie, lui aussi déjà récompensé pour American Beauty, et Thomas Newman, compositeur du sublime Plastic Bag Theme, chargé de la partition musicale. Leurs deux talents associés à la mise en scène de Mendes créent une ambiance captivante et inquiétante qui collent parfaitement à l’intrigue. Ce formidable trio nous offre d’ailleurs une séquence digne des plus grands films de gangsters des années 30 avec ce face-à-face entre Tom Hanks et Paul Newman dans l’artère principale de la ville sous une pluie diluvienne. Le chef décorateur mérite également quelques louanges puisqu’il n’est pas étranger à la qualité de cet ouvrage.

    Le casting est lui aussi riche et étoffé, même si certains se contentent d’un rôle plus en retrait, tels que la trop rare Jennifer Jason Leigh (dernièrement dans The Machinist) ou encore l’excellent Ciaran Hinds (fantastique Jules César dans Rome). Après une courte et intéressante apparition de celui-ci, on découvre le milieu dans lequel baigne Sullivan (Tom Hanks) depuis des années. Homme de main de J. Rooney (charismatique Paul Newman), il est découvert par son propre fils ce soir-là, ce qui met en péril la sécurité de sa famille, le secret des leurs petites affaires de l’ombre risquant d’être découvert. Si le danger ne viendra pas du grand boss, qui le considère comme un fils, ce sera son collègue Cooper – et lui véritable fils de Rooney – qui va passer à l’action. Daniel Craig interprète avec ce qu’il faut d’antipathie et de cynisme cet homme égocentrique et ambitieux qui n’a toutefois pas l’étoffe de prendre la relève aux yeux de son père, perdant d’ailleurs facilement le contrôle de ses nerfs. Au bout d’une petite heure, Jude Law fait à son tour son apparition puisqu’il est engagé pour traquer ce qu’il reste de la famille XX. Son faciès brimé et ses manières le rendraient presque méconnaissable dans la peau de ce reporter qui photographie les morts. Enfin, le jeune Tyler Hoechlin s’en tire admirablement bien pour son âge.Pancarte7Sur10

    Les sentiers de  la Perdition n’atteint néanmoins pas l’excellence pour autant, la faute peut-être à un scénario un peu trop classique et à des dialogues moins savoureux et plus convenus, mais reste finalement une œuvre remarquable qui vaut beaucoup plus que le simple coup d’œil de curiosité. 


AVEC TOM HANKS, PAUL NEWMAN, DANIEL CRAIG, JENNIFER JASON LEIGH, JUDE LAW
 
 UN FILM DE SAM MENDES  DRAME, THRILLER - 2h05 - 2002

         Filmos         
Tom Hanks
( Forrest Gump, Philadelphia, La ligne verte, Attrape-moi si tu peux ... )
Jude Law
( Bienvenu à Gattaca, Les sentiers de la perdition, Retour à Cold Mountain ... )

Daniel Craig  ( Layer Cake, Munich, Casino Royal, A la croisée des mondes ... )
Anthony Hopkins ( La chatte sur le toit brûlant, L'arnaque, La couleur de l'argent ... ) 

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