01 avril 2008
[ciné] PARIS

AVEC JULIETTE BINOCHE, ROMAIN DURIS, ALBERT DUPONTEL - UN FILM DE CEDRIC KLAPISCH
COMEDIE DRAMATIQUE - 2h10 - 2008 - Un Parisien malade croyant qu'il va mourir pose un regard neuf sur la ville et ses habitants : Paris et ses mystères, Paris et ses malheurs, Paris et ses bonheurs, Paris et ses lumières. Au travers du chassé-croisé de huit destins (une assistante sociale, une mannequin, un clandestin camerounais, une boulangère, un SDF, un prof de fac, un architecte, un danseur), le malade prend conscience de la beauté de la ville et de la beauté de la vie.
Few Days in Paris
Intituler son film : Paris. Audacieux. Pari risqué, surtout. Comment ne pas craindre un long-métrage commun et banal telle une carte postale de Notre Dame, sorte de cliché - aux sens propre et figuré - et symbole connu de tous pour représenter la capitale française ? Même s'il est difficile de remettre en cause l'originalité du cinéaste français, on pouvait toutefois redouter un film un peu trop... parisien justement, avec des bobos par ci, des pauvres gens par là, de la comédie de mœurs pour middle-class, formatée, emballée et vendue, tout en n'oubliant pas quelques ingrédients (ou ici des noms) appréciés par le public visé : un Luchini, un Duris, une Mélanie, de la Binoche ou de la Viard. Y'en a pour tous les goûts. Du péteux, du franchouillard, du beauf, de la midinette... tout le monde pourra s'identifier. Heureusement Klapisch n'est pas un cinéaste trop ordinaire. Le défile de célébrités et de lieux communs n'a pas vraiment lieu et l'on passe deux belles heures de cinéma, lors desquelles il exploite les plus beaux côtés de la vie parisienne et les plus moroses, et nous fait redécouvrir la ville comme pour la première fois, dans un regard pourtant familier. Il met en scène un film touchant, attendrissant, drôle et parfois même délicat et intimiste.
Dans le face à face entre Romain Duris et Juliette Binoche se créé une ambiance toute particulière, où l'on ressent la fragilité de la vie, les instants de bonheur éphémères qui s'envolent bien trop vite. Après l'excellente et attachante comédie Les poupées russes, où Kelly Reilly et Cécile de France avaient tour à tour volé la vedette à Romain Duris, le nouveau film de Klapisch offre une nouvelle fois l'occasion à une actrice - renommée cette fois - d'éclipser le populaire acteur français, coqueluche poilue de son ami réalisateur. Juliette Binoche, spécialiste des rôles de nunuches, se révèle être le véritable point fort du film. Humaine, fragile, pudique, râleuse... Nos yeux verseraient presque la larme qui coule sur sa joue lorsque son frère lui annonce qu'il est malade. Puis, un sourire s'esquisse sur nos lèvres et accompagne ses gestes et attitudes maladroitement malicieuses alors qu'elle essaie de mettre au placard son habit de mère inhibée par ses gosses, son célibat et sa quarantaine. Enfin, il s'efface progressivement pour laisser place à l'émotion lorsqu'elle suit du regard son frère partant pour l'hopital.
De jolies histoires - qui laissent malheureusement sur la touche les personnages de Cluzet et Dupontel qu'on aurait aimé voir davantage - mises en scène avec maîtrise ces destins croisés avec une justesse de ton évitant - à mon grand soulagement - le french pathos pour en faire une œuvre simple et personnelle.
Si celle-ci ne peut malgré tout éviter quelques stéréotypes, s'il manque parfois d'un peu plus de folie dans l'ensemble, on pardonnera à Klapisch ses lacunes ne serait-ce que pour le miracle auquel on assiste : Luchini qui fait son Luchini sans trop faire son Luchini. Quel tour de force ! Il est sûrement le premier réalisateur à avoir réussi à canaliser ce cabotin délirant pour faire apparaître au premier plan la fragilité que ce théatral personnage dissimule souvent derrière un véritable mur de paroles. Cédric Klapisch confirme à nouveau que même s'il n'est pas systématiquement parfait, il excelle quasiment toujours dans sa direction d'acteurs.
Un joli film, simple et humain, qui met en valeur les hommes et la vie dans la capitale, grace à une mise en scène soignée - presque un peu trop sage - et une Juliette Binoche attendrissante. Mais il manque un peu de folie, un brin de magie.
L'avis de la presse
Mais la plus belle réussite de cette œuvre est qu’elle évite le piège des clichés sur Paris en retournant à leur source. A l’image du personnage africain qui compare une carte postale d’un panorama avec sa propre vue de ce panorama, Klapisch nous rappelle qu’un cliché, avant d’en être un, est un point de vue réel et pur. Il parvient ainsi à nous faire redécouvrir des poncifs sur notre capitale et ses habitants en y diffusant une émotion inédite. Avoir-Alire.com
"Paris" se trouve réduit à un simple décor pour comédie de mœurs, un film (...) un peu trop appliqué. Positif
Paris est aussi la capitale des embouteillages, et c'est ce qui arrive au film de Klapisch: à vouloir mettre trop de personnages qui se croisent, se suivent sans forcément qu'un lien les unisse, ça finit par bouchonner. Elle
Son "Paris" a du coeur, de la tendresse, de l'humour. Le montage, complexe et fluide à la fois, tisse une toile subtile, faites d'histoires simples, drôles, tragiques. Le journal du dimanche
Filmographies
Cédric Klapisch ( Le péril jeune, Un air de famille, L'auberge espagnole, Les poupées russes ... )
Romain Duris ( Le péril jeune, L'auberge espagnole, Les poupées russes, Exils ... )
Juliette Binoche ( La vie de famille, Le hussard sur le toit, Le patient anglais, Le chocolat ... )
Commentaires
Moi qui est découvert Klapisch récemment avec un grand plaisir. Je n'ai toujours pas vu Paris. Je n'ai aucune raison particulière, cela ne m'a pas attirée.
Mouais
Je déteste le ciné de Klapisch. J'avais tenté L'auberge espagnole, j'ai décroché après cinq minutes.
Cool ^^
Je peux ENFIN laisser un message sur un film que j'ai vu ! lol
Hélas, je serai beaucoup moins enthousiaste que toi, désolé. Je ne suis pas spécialement fan de Klapisch, à l'exception du Péril jeune (je n'ai pas encore vu Chacun cherche son chat), mais ici on touche le fond : stéréotypes sur stéréotypes (le perso de Karin Viard, ridicule), histoires d'amour un peu bateau (tu devines d'emblée que Binoche finira avec Dupontel), trop d'histoires pour qu'une en particulier soit vraiment accrochante, Luchini fait trop son Luchini je trouve (mais tu as raison sur la transparence de Cluzet lol), Duris agace plus qu'il ne fait pitié, et surtout ce qui m'énerve chez Klapisch, ce côté bobo, comme si Paris ne regorgeait que d'une catégorie de personne, des intellos mal dans leur peau avec leurs petites misères amoureuses.
Franchement : sans moi.
Bon ok
Je veux bien te croire, mais ce sera difficile pour que je m'y mette.
Plutôt contente ^^
J'attendais ce film avec impatience, au final j'y ai trouvé un jolie mélange d'émotions. On passe de la joie à la surprise, de la légèreté à la depression, ou encore de la mélancolie à la peur. Et pour illuster ça on nous offre à une belle brochette d'acteurs mais comme tu l'as dit certains sont trop mis de côté comme Cluzet ou Viard mais ça c'est le soucis du film choral. Enfin bref on a droit à une Binoche rayonnante, un Dupontel attachant, un Luchini parfait (il n'en fait pas trop) et un Duris correcte comme d'hab' (jamais mauvais, jamais excellent ^^). Au final l'ensemble est un joli tableau assez cohérent.
Idem
Voir le commentaire de Dasola. Pas mieux.
Moi je suis assez d'accord avec toi en fait. Le film laisse passer une véritable émotion sans verser dans le pathos. Les acteurs sont tous formidables je trouve, les photos de Paris très bien mises en valeur. C'est quelquefois un peu cliché dans la représentation des parisiens (bobos, râleurs...) mais ça ne reste qu'un point de vue, qui m'a assez plu.
