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RÉALISÉ PAR STEPHEN DALDRY – AVEC KATE WINSLET, RALPH FIENNES, DAVID KROSS, LENA OLIN   – GENRE DRAME, ROMANCE – DURÉE 2h04 - ÉTATS UNIS SORTIE (FR) 15 JUIL. 2009

Allemagne de l'Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture.

Mon avis sur le film

Après six longs mois d'attente, les français ont enfin pu découvrir le film qui a consacré Kate Winslet aux derniers Oscars et Golden Globes. Si la reconnaissance est arrivée tardivement - elle aurait été méritée bien plus tôt dans sa carrière - les statuettes raflées par la comédienne britannique sont amplement légitimes et viennent enfin récompenser l'une des plus talentueuses actrices de notre génération.

Mais ce n'est pas le seul attrait du nouveau film de Stephen Daldry (The Hours, Billy Elliot). En effet, même si la prestation de Kate Winslet porte le film, ce serait faire offense à la prestation de son partenaire à l'écran, le jeune David Kross, mais aussi au travail rigoureux et soigné du réalisateur anglais, qui a la finesse de nous épargner une voix-off lourdingue et pathos grâce à un montage, une réalisation et un scénario plutôt subtiles.

The Reader essaie de traiter la culpabilité. Ne vous y trompez pas, il ne s'agit pas d'arguer sur la culpabilité d'une personne ayant participé de près ou de loin à l'une des plus grandes atrocités de l'histoire de l'humanité et d'y poser un regard consuel. Il s'agit plutôt de la culpabilité qui pèse sur les épaules des personnages, imprègne le film. Celle que ressent Hanna, personnage en fuite perpétuelle. Elle reste silencieuse et honteuse préférant dissimuler son handicap personnel, puis à  ne pas livrer ses pensées quant à ses actes passés et ses éventuels remords prétextant que cela ne changera pas ce qui a été fait. La culpabilité de Michael également, lui qui a aimé cette femme plus âgée que lui, lui qui n'a pas oublié cette femme qui s'avère être une criminelle. Et enfin, et même surtout, la culpabilité collective de tout un pays qui ne sait comment traiter et punir l'impensable et qui du coup fausse complètement l'équilibre de la balance judiciaire en matière de responsabilités.

« The Reader confronte à un cas de conscience ultime. »

Le film de Daldry, sans faire polémique, soulève néanmoins quelques questions. Il a suscité débats et polémiques outre-Atlantique et outre-Rhin que je ne trouve pas forcément pertinents concernant la nudité des personnages ou la victimisation et l'humanisation faite de Hanna. Pour moi, c'est tristement impertinent et quand bien même un peu à côté de la plaque. Il ne s'agit pas de pardonner ou de condamner. Il s'agit avant tout, à mon avis, de comprendre. Il ne s'agit pas d'émotions simples, avec les bons et les méchants. Il ne s'agit pas d'avoir une vision tranchée noir/blanc. Il s'agit d'aller questionner la partie grise, la zone trouble qui se situe entre les deux. Ni antisémites, ni démagos, c'est ce que tentent audacieusement mais peut-être trop précautionneusement les auteurs de The Reader (du réalisateur Stephen Daldry aux producteurs Anthony Minghella et Sydney Pollack, en passant par le scénariste David Hare et l'écrivain Bernhard Schlink).

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The Reader est un film qui risque de passer un peu trop inaperçu au milieu des blockbusters de l'été. Pourtant, s'il avait bénéficié d'une date de sortie plus appropriée et plus rapprochée de la sortie américaine, assurément le nouveau film de Stephen Daldry rencontrerait le succès public et critique qu'il mérite.  

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L'avis de la presse

Superbement emmené par ses comédiens, le film aborde à la fois la romance impossible et la réflexion de la responsabilité de tout un chacun devant les crimes d'une nation. Sans éclat mais avec beaucoup de maîtrise le film acquiert une véritable force dans sa seconde partie. DvdRama

Le réalisateur interroge ce qui lie la conscience intime au souvenir collectif et à l’Histoire sans prétendre apporter de réponse réconfortante. ‘The Reader’ dérange précisément par sa pudeur qui tend à mettre sur le même plan les frasques anecdotiques de l’adolescence et l’horreur la plus brute. Evene

L’amour, le vrai, innocent, ignorant, est un engagement qu’aucune rupture ne peut effacer. Lors de la publication, c’est ce paradoxe qui avait scandalisé l’Allemagne. En retrouvant cette honte diffuse mais insoluble, Daldry réussit à filmer la confusion morale, qui était le vrai sujet du «Liseur» . Il ne s’est pas trompé non plus sur Hanna Schmitz, qu’il n’a ni diabolisée ni édulcorée. Le Point