prophete

UN PROPHETE RÉALISÉ PAR JACQUES AUDIARD – AVEC TAHAR RAHIM, NIELS ARESTRUPGENRE DRAME, SOCIETE – DURÉE 2h28 – FRANCESORTIE (FR) 26 AOUT 2009

Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des " missions ", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau...

Mon avis sur le film

Le Grand Prix du Jury du dernier Festival de Cannes a beaucoup fait couler d'encre, couvert d'éloges dans la presse. Devant un tel ras-de-marée onaniste des journalistes chroniqueurs, je me suis dit qu'il était important d'aller voir ce chef d'œuvre annoncé. Après deux heures et demi – rien que ça – de projection, le bilan est plutôt positif. Mais pas aussi enthousiaste. En effet, devant la triste et morne créativité des réalisateurs français, on a parfois l'impression qu'à chaque fois qu'un auteur français démontre un tant soit peu de talent, de pertinence et de précision dans un de ses films, on crie immédiatement au génie. Car si le film Un prophète est plutôt parlant et bien fichu, il faut dire ce qu'il est, ce n'est pas un chef d'œuvre. Alors oui, il fera réfléchir – comme je le lis un peu de partout dans les réactions des spectateurs – oui c'est réaliste et bien interprété – Niels Arestrup, charismatique – et cocorico, c'est un film français qui a été récompensé à Cannes. Toutefois, 2h30 c'est trop pour un film aussi austère et épuré, 2h30 c'est trop pour un film où le personnage principal est plus agaçant qu'attachant, là où le "grand mafioso" César suscite bien davantage d'émotions, 2h30 c'est trop pour un film de Audiard.

Un prophète bénéficie d'un buzz incroyable qui lui offre un statut de chef d'œuvre - à mon avis grandement surestimé. La vérité se situe peut être dans la nuance : le dernier Jacques Audiard est un film à voir, pertinent et bien interprété. Mais un film trop linéaire, trop épuré, trop lent et long, trop académique et un peu claustrophobique et répétitif.

50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_empty50px_Star_empty

 

L'avis de la presse

Audiard ne rêve que d'épure et de style (...) quand son film ne témoigne que d'une prodigieuse littéralité : ne jamais se montrer capable d'être un peu plus que ce qu'il est, coller laborieusement à son matériau narratif et s'accrocher en permanence à son petit programme de répétition et d'entêtement. Chronic'art