roadTHE ROAD RÉALISÉ PAR JOHN HILLCOAT – AVEC VIGGO MORTENSEN, CHARLIZE THERON, KODI SMIT-McPHEE– GENRE CATASTROPHE – DURÉE 1h59 – ÉTATS UNIS  – SORTIE (FR) 2 DÉC. 2009 - Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Adapté du prix Pulitzer de Cormac McCarthy, La Route est un film assez noir et pessimiste sur un père et son fils suivant une autoroute abandonnée pour rejoindre la côté Est américaine. Un film qui prend aux tripes à certains moments mais qui manque de rythme à d'autres, même si ce n'est pas une critique légitime que l'on peut forcément faire au réalisateur vu l'intrigue. Ceux qui s'attendent à un film catastrophe hollywoodien façon Roland Emmerich risquent d'être très déçus. John Hillcoat se passe de la surenchère montrant la destruction progressive des villes et autres ouvrages architecturaux à grands coups d'effets spéciaux, de la descente aux enfers progressive de l'humanité et des grands discours héroïques accompagnés de l'hymne américain en fond sonore. Le film est, au contraire, très réaliste. L'apocalypse a déjà eu lieu. On ne sait pas quand et comment c'est arrivé - parmi tous les scénarios possibles. Le film se focalise sur le sort des personnages,  sur leur présent dans ces conditions où trouver de quoi manger et de quoi s'habiller sont leurs seules préoccupations (en dehors de quelques flashbacks évoquant les quelques vestiges d'une vie passée et irrémédiablement révolue). Quant au futur, il ne semble pas être envisageable autrement qu'à court terme. Que faire pour ne pas mourir de faim ? Comment survivre ? L'humanité est-elle arrivée à sa fin ou pourra t'elle renaître de ses cendres ? L'épilogue, derrière ses allures de happy-end, est profondément pessimiste et ne laisse présager d'aucune éclaircie à venir. Alors que faire s'il n'y a plus d'espoir ? La Route n'est pas un film qu'on va voir pour le plaisir. Sa noirceur et son rythme pourraient en démotiver plus d'un. Toutefois, le film de John Hillcoat est bien plus qu'un survival classique. Il ressemble davantage à une fable biblico-philosophique où les survivants portent sur leurs épaules le destin et le fardeau des fautes de l'humanité. Par sa mise en scène efficace et sa réalisation sobre et bougrement esthétique par moment, et des interprétations justes de Viggo Mortensen et du jeune Kodi Smit-McPhee, ce film post-apocalyptique nous plonge au cœur d'un cauchemar qui nous pend au nez.

Ce qu'en dit la presse (Écran Large) : « Odyssée funèbre et réaliste qui évite les poncifs et les effets-chocs commerciaux, pour se concentrer avec force sur cette relation père-fils de la dernière chance. Glaçant et émouvant à la fois. »

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