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LA JOURNÉE DE LA JUPE - RÉALISÉ PAR JEAN-PAUL LILIENFELD – AVEC ISABELLE ADJANI, DENIS PODALYDES – GENRE DRAME – DURÉE 1h28 – FRANCE, BELGIQUE  – SORTIE (FR) 25 MARS 2009 – SYNOPSIS Un jour, un professeur de collège à bout prend ses élèves en otage.

Ce que j'en dis : Voilà un film qui ne laisse pas indifférent. Cela fait plusieurs jours que j'ai vu "le" film marquant le "retour" de Isabelle Adjani sur les écrans et il m'est encore délicat d'arriver à émettre un avis lucide sur ce film. La journée de la jupe me dérange de deux façons. D'une bonne façon tout d'abord, car il traite de sujets idéologiques ardents tels que la laïcité, le sexisme, les croyances religieuses. Certaines séquences sont violentes, frontales, directes. Elles confrontent le spectateur à ce que l'on n'ose parfois pas exprimer, à des faits bien trop banalisés qui font partie du quotidien des enseignants de certains établissements difficiles dont se dédouanent le gouvernement à grands coups de pseudo-projets qui ne sont en fait rien de plus qu'un bouclier médiatique éphémère et de déclarations politiquement correctes visant à nous faire avaler des couleuvres de plus en plus grosses. Mais là où le film dérange de la mauvaise façon, c'est sa tendance occasionnelle à emprunter quelques sentiers dangereusement réac. Dans Entre les Murs, Laurent Cantat avait assez adroitement placé son propos : entre constat, dénonciation et compassion. Ici, Lilienfeld, ne voulant pas absoudre cette jeunesse sans repères ou en atténuer les maux, ne parvient pas à trouver le bon équilibre. Ainsi, s'il frappe juste et fort par moments, il se décrédibilise incontestablement à de trop nombreuses reprises. De ce fait, son film relève davantage du divertissement accrocheur - parfois novateur, parfois facile - que du bon film d'auteur qu'il est soi-disant.

En résumé : La journée de la jupe ne tient pas toutes ses promesses. Le film de J-P. Lilienfeld a le mérite d'engager la réflexion sur une réalité qui n'est fatalement pointée du doigt qu'à des fins électoro-sécuritaires. Malheureusement, en tentant de dénoncer le plus possible - les élèves, les profs, la hiérarchie du M.E.N, la police, le gouvernement - le réalisateur ne fait qu'allumer des brèches un peu partout sans en faire quelque chose de réellement constructif. Pire encore, certaines séquences ressemblent parfois à de la caricature presque réac qui ne devrait pas avoir sa place sur Arte en première partie de soirée mais plutôt dans un reportage du Droit de Savoir (et oui, je dis encore du mal de la chaîne préférée des français qui se lèvent tôt). 

Ce qu'en dit la presse (critikat) : « La Journée de la jupe ne nous propose qu’un saupoudrage de réflexion partielle et partiale sur les jeunes de banlieues et sur l’école laïque d’aujourd’hui. Il est juste de vouloir mettre en lumière les problèmes de la banlieue et de sa jeunesse sans l’édulcorer. Mais le tableau obtenu, d’un pessimisme abyssal, nous oblige à nous interroger sur la thèse du film : s’agit-il de plaindre cette jeunesse, de la stigmatiser encore plus ou de la diaboliser totalement ? »