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MR NOBODY - RÉALISÉ PAR JACO VAN DORMAEL – AVEC JARED LETO, DIANE KRUGER, JUNO TEMPLE  – GENRE FANTASTIQUE – DURÉE 2h17 – FRANCE, G-B, CANADA  – SORTIE (FR) 13 JANV. 2010 – SYNOPSIS Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues.

Mon opinion : Treize ans après l'attachant le Huitième Jour, Jaco Von Dormael réalise un film saisissant et captivant sur le destin et les choix. auxquels la vie nous confronte. Il a mis entre sept et huit ans à écrire, réaliser et monter son projet. Le résultat est plutôt impressionnant : un film tentaculaire avec ses intrigues à profusion, un métrage fascinant et visuellement époustouflant. On frôle parfois le génie tant la mise en scène, l'écriture et la réalisation sont brillantes, à en rendre presque jaloux David Fincher ou l'idolâtré David Lynch. Un film complexe - mais pas compliqué, sauf si votre intelligence et votre culture est aussi réduite que celle des trois spectateurs qui se trouvaient derrière moi hier soir - d'une richesse inouïe qui vous éblouit à de nombreuses reprises. L'œuvre du réalisateur belge n'est toutefois pas parfaite : certaines séquences, maladroites dans l'écriture ou la mise en scène, gênent un peu le spectateur. Elles sortent du lot de façon négative au milieu d'un ensemble riche et prenant. L'interprétation également vient apporter une petite ombre au tableau. Il faut dire que le choix de Jared Leto n'était pas forcément le plus évident, même s'il s'en sort assez bien finalement  - comme à chaque fois où il est bien dirigé (Andrew Niccol, Darren Aronovsky...). Diane Kruger, elle aussi capable du meilleur comme du pire, interprète elle également un de ses meilleurs rôles. Mais les louanges doivent de mon point de vue être faites avant tout au jeune tandem Toby Regbo-Juno Temple. L'alchimie entre celui qui incarne Nemo adolescent et celle qui jouait il y a peu aux côtés d'Eva Green dans Cracks crève l'écran. La partie centrale du film qui leur est majoritairement consacrée est bouleversante.  

En résumé : Mr Nobody est un film à part. Souvent captivant, parfois brillant, poignant et poétique, rarement décevant, ce patchwork fantastique est une réussite dans son ensemble, un voyage renversant à condition qu'on s'y laisse entraîner. Mais quelques maladresses occasionnelles ou quelques longueurs sur la fin viennent modérer l'impression d'avoir en face de soi un film grandiose scénaristiquement et esthétiquement, une œuvre unique - quand on a rien à dire et qu'on a une culture limitée, on peut faire un rapprochement avec Eternal Sunshine ou L'effet Papillon - d'un cinéaste absent des écrans depuis plusieurs années.

Presse, morceaux choisis : « Plus qu’un film, Mr Nobody propose de pénétrer dans l’univers mental d’un cinéaste à l’imagination débordante, au risque parfois de friser l’overdose. Du grand cinéma, en tout cas. - Mr Noboby reste un objet insaisissable, autant par ses qualités que par ses défauts. C'est aussi pour ça qu'il mérite le détour. »