CHLOE

RÉALISÉ PAR ATOM EGOYAN – AVEC JULIANNE MOORE, AMANDA SEYFRIED, LIAM NEESON


Mon opinion : Remake du film français Nathalie, le nouveau long-métrage de Atom Egoyan intitulé Chloé est un film assez décevant dans l'ensemble. S'il se suit du début à la fin avec un certain plaisir, on regrette que les rebondissements soient trop peu subtils et si prévisibles pour produire l'effet escompté par le réalisateur. Car malheureusement le spectateur un tantinet attentif devinera assez rapidement les intentions de la jeune escort,-girl, plus intéressée par Catherine que par son mari. Atom Egoyan, qui délaisse exceptionnellement la plume, n'arrive pas à se dépêtrer des ficelles un peu grosses du scénario écrit par Erin C. Wilson. Le film est prévisible d'un bout à l'autre et ne surprend guère, pire il agace même à plusieurs reprises. Le comble du cliché est atteint dans les cinq dernières minutes avec cet épilogue pseudo-poético-dramatique puis le zoom final sur la broche, particulièrement hérissants. Heureusement, malgré des défauts très voyants et handicapants, ses acteurs sauvent le film, notamment son duo d'actrices (Liam Neeson se défend plutôt bien malgré une présence assez discrète). Que dire d'elles ?  Que Julianne Moore est une nouvelle fois superbe. Il n'est plus nécessaire de faire son éloge tant elle illumine quasiment chaque film dans lequel elle apparaît (A single man, Les fils de l'Homme, Blindness, The Hours...). A ses côtés, la jeune Amanda Seyfried s'en sort bien. Pulpeuse et sensuelle, elle confirme sur grand écran (on l'avait remarquée dans la série de HBO Big Love) dans le rôle éponyme, incarnation charnelle du fruit défendu.

En résumé : Chloé est sauvé par ses deux actrices, remarquables en dépit d'une mise en scène décevante et d'un scénario bâclé et ultra-prévisible.

En d'autres mots  : « Atom Egoyan signe un thriller moins personnel et assez conventionnel mais arrive cependant à nous maintenir en haleine en actualisant les vieilles recettes du drame érotique. Si la froideur de la mise en scène et les rebondissements grossiers menacent sans cesse de faire pencher le film du côté du nanar érotico-hitchcockien, le regard toujours teinté d'ironie que pose Egoyan sur les rapports familiaux et la grâce de ses deux actrices le sauvent in extremis. Julianne Moore transcende chaque réplique par un regard et modifie le cours de chaque scène par un simple geste. L'actrice se dévoile corps et âme, douce, jalouse et sulfureuse. Grâce à elle, Chloé devient un beau film ironique et sensuel sur la peur de vieillir. »

SORTIE EN SALLES (FR) 10 MARS 2010