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RÉALISÉ PAR DENNIS ILIADIS – AVEC MONICA POTTER, SARA PAXTON, AARON PAUL

NOTE : □□

Mon opinion : Il y a des films dont on attend beaucoup – à cause du buzz qui les entoure ou encore de la réputation du cinéaste  – et il y en a d'autres dont on n'attend pas grand chose, hormis peut-être réussir à nous divertir l'espace d'une soirée, bien installé dans  son canapé. Le remake du film de Wes Craven (La dernière maison sur la gauche, déjà subversif et dérangeant souffrait malgré tout de moyens limités) semble parfaitement correspondre à cette catégorie lorsque j'en entame le visionnage Très rapidement, la nouvelle version de Dennis Iliadis (cinéaste non-hollywoodien, ceci explique cela!) s'impose comme un film  à la hauteur de l'original, voire meilleur encore, et non pas comme un énième remake commercial, grossier et ultra-prévisible destiné aux boutonneux. Grâce à une mise en scène habile et à une science du cadrage indéniable, Iliadis légitime ce remake, sublimé par une photographie somptueuse, rappelant les tons et le lyrisme du superbe Mean Creek.

Après avoir choisi un autre européen pour revisiter une de ses premières œuvres tournées avec les moyens du bord (La colline a des yeux), Wes Craven, producteur de ce remake, fait encore un choix judicieux avec le grec Dennis Iliadis, ce dernier ayant su respecter l'œuvre originale tout en l'actualisant et en la rendant diablement prenante, tendue, élégante et même teintée d'une certaine poésie macabre.

En résumé : The Last House on the Left prouve que faire un remake ne signifie pas nécessairement réaliser une version cheap d'un film poussiéreux qu'on destinera à un public abruti nourri au pop-corn et aux clichés horrifico-gore, mais qu'un ravalement de façade élégant et une actualisation plutôt habile du thème principal – rappelant parfois Funny Games US – peuvent offrir une toute nouvelle jeunesse à une œuvre voire même la rendre encore plus captivante.

En d'autres mots  : « Une version un peu plus chic, traversée de passages étonnamment élégiaques pour le genre (Les Inrocks) –  Habilité manifeste à jouer avec les nerfs du spectateur, science du montage, cadrage au cordeau, huis clos anxiogène, plans-séquences... - D'un re­make donné per­dant, Denis Ilia­dis fait une réus­site in­es­pé­rée, dont on ne peut dé­plo­rer qu'une der­nière scène de trop, cas­sant un peu la noir­ceur et la tris­tesse d'un film qui avait su jusque là as­su­mer son style (Krinein)»

SORTIE EN SALLES (FR) 22 AVR. 2009