LE BLEU DU MIROIR : le Cinéma, de bonne ou mauvaise foi...

L'actualité du cinéma et de la télévision avec des avis sur les derniers films vus au ciné ou en dvd, les tournages, les coups de coeur musicaux ainsi que les séries à ne pas manquer.

14 avril 2008

[dvd] CARAMEL

Caramel

AVEC NADINE LABAKI, YASMINE AL MASRI, JOANNA MOUKARZEL - UN FILM DE NADINE LABAKI drapeau_liban COMEDIE - 1h36 - 2007 - A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient.

Dis-moi comment tu te coiffes, je te dirais qui tu es...

      Premier film de la réalisatrice franco-libanaise Nadine Labaki, devant et derrière la caméra, Caramel est une œuvre touchante, drôle et attachante. L'auteure dresse plusieurs portraits de femme, de générations ou de confessions religieuses différentes, plutôt modernes et occidentalisées mais toujours enfermées dans le traditionalisme et craignant le regard de la communauté. Nadine Labaki confiait d'ailleurs à la sortie de son film : "Je me suis toujours posée des questions à propos de la femme libanaise oscillant moi-même entre deux mondes, la culture occidentale moderne, qui nous offre l'image d'une femme émancipée, et l'univers oriental, lourd de traditions. Chrétiennes et musulmanes, nous subissons le poids de l'éducation rigide, de la religion toujours très présente. Nous avons la volonté de bien faire, de ne pas décevoir et vivons dans la crainte du regard des autres, dans la hantise du jugement. Le Liban est considéré comme un exemple d'ouverture, de libération, mais ce n'est pas toujours le cas". Ces propos sont très représentatifs de l'état d'esprit de sa première œuvre. Femmes libérées mais pas complètement, assumant leur féminité sans trop le faire pour ne pas dépasser les limites et choquer l'entourage, l'institut de beauté semble être leur lieu de réconfort et de confidence, où elles peuvent se laisser aller tranquillement, dans ce cocon presque hermétiquement réservé au beau sexe, sans avoir à se soucier du jugement qu'on leur porterait : celle qui est attirée par les femmes, celle qui est l'amante d'un homme marié, celle qui refuse d'assumer le fait qu'elle a vieilli...

        "La femme libanaise n'est pas très bien dans sa peau. Elle cherche son identité, parfois à travers le jeu des apparences, et souffre de l'hypocrisie du système." Le film vise juste et parvient aisément à nous donner une idée de la vie des femmes au Liban, de leur situation qui laisse entrevoir l'espoir d'une émancipation totale, mais qui pour l'instant ne permet pas encore à celles-ci de vivre au grand jour et d'assumer leur sensualité, leur sexualité et leur féminité. On est encore loin de Carrie Bradshaw et de sa bande de copines new-yorkaises, mais on retrouve ce clan de femmes actives et dynamiques qui partagent bonheurs, chagrins et désillusions. Le regard de son auteure sur ses personnages est d'une justesse et d'une tendresse remarquables.

      La réalisation est impeccable, la photographie superbe, maîtrisée et colorée - sans abus - et les actrices toutes naturelles, justes et attachantes. Une très belle bande son accompagne ces histoires de femmes, où chaque air illustre parfaitement l'émotion de l'instant : humour, joie ou mélancolie. Et comment ne pas être touché par l'émouvante Tante Rose, qui n'a pas le temps de s'occuper de sa vie de femme car elle doit déjà se consacrer à son modeste commerce et surtout à sa sœur aînée déficiente, quitte à mettre ses souhaits et ses regrets de côté.

Pancarte7_5Sur10Une première réalisation pleine de sensibilité et d'optimisme, teintée de mélancolie. De superbes portraits de la femme moderne libanaise, pas encore totalement affranchie du regard des autres, mis en valeur par Nadine Labaki - qui tient également l'un des rôles principaux du film - une cinéaste prometteuse. De l'espoir pour un pays qui en a bien besoin et un moment de cinéma agréable et divertissant. Un film coup de cœur, un des plus attachants de 2007.

L'avis de la presse

Il ne faut donc pas bouder son plaisir devant ce Caramel, première œuvre terriblement séduisante - aVoir-aLire.com

La photographie est superbe, et joue à merveille avec les couleurs. Les rôles sont parfaitement attribués (...) Caramel est une gourmandise à s'en pourlécher les doigts (...) un vrai plaisir des sens. - Brazil

: : : : : : : : : : : : TOP 2007 MIS à JOUR : : : : : : : : : : : :

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12 avril 2008

[ciné] BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS

bienvenuechezleschtis

AVEC DANY BOON, KAD MERAD, ANNE MARIVIN - UN FILM DE DANY BOON FRANCE1 COMEDIE POPULAIRE - 1h40 - 2008 - Philippe Abrams est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d’obtenir une mutation sur la Côte d’Azur. Mais il est démasqué : il sera muté à Bergues, petite ville du Nord. Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c’est l’horreur, une région glacée, peuplée d’êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le "cheutimi". Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées.

Les enfants du pays

      Recordman du box-office, une petite fiche sur le film de Dany Boon s'imposait. Comment expliquer un tel succès et de tels chiffres, au point d'exploser tous les records (ou presque) de sorties en salles ? Peut-être pour les mêmes raisons que Sarkozy a été élu président au printemps dernier. La stratégie : proposer au peuple ce qu'il attend dans une période de morosité générale, jouer la carte démagogie et ne pas lésiner sur les clichés, rester à la surface des choses, ne pas trop développer, et servir le tout avec une omniprésence dans les médias et des apparitions sur tous les plateaux télés. Bilan, les chiffres sont là. Bien joué Nico, euh Dany.

    Alors certes, le film n'est pas fondamentalement désagréable. Même s'il est évident que le scénario s'essouffle très rapidement car il y avait peu de matière pour tenir sur 1h40, on rit occasionnellement. Plutôt on sourit, et c'est l'essentiel si vous sortez du boulot et que vous avez préféré éviter le feuilleton de TF1 pour une fois. Les gags sont gros et tirés par les cheveux, les situations cocasses, les répliques sont redondantes - au cas où mamie n'aurait pas compris la première fois - pour bien exploiter la blague dans tous les sens, et la diction des acteurs volontairement exagérée - pour Line Renaud, on aurait envie de dire consternante.

       Si l'on pardonnerait volontairement les faiblesses de ce film pour ne prendre que le bon côté détente et simplicité, il est plus difficile de concevoir un tel buzz dépassant largement des comédies plus bien savoureuses comme Astérix Mission Cléopatre, Les poupées russes, Tanguy ou le Dîner de cons, dotées d'un casting aux petits oignons. C'est la loi du marché... que faire contre cela ?

Pancarte4Sur10Pour passer un bon moment, sans trop d'exigence, le film sur les ch'tis parait un choix judicieux. Seule condition : ne faites pas la fine bouche, ni sur la crédibilité du scénario et des acteurs - époustouflante Zoé Félix, plus douée qu'elle, tu meurs - ni sur la finesse des gags et des répliques. N'oubliez pas d'éteindre votre encéphale avant d'entrer dans la salle. Bon film !

L'avis de la presse

La belle idée qui porte le film ne réussit pas à compenser, outre un scénario et un rythme indigents, des performances d'acteurs très inégales. Positif

Filmographies

Kad Merad (Mais qui a tué Pamela Rose ? Je vais bien, ne t'en fais pas... )
Dany Boon ( La doublure, La maison du bonehur, Mon meilleur ami  ... )

Posté par Wilyrah à 12:33 - [ CINEMA - PAS TOP ] - Commentaires [12] - Permalien [#]

09 avril 2008

[dvd] GONE BABY GONE

GBG

AVEC CASEY AFFLECK, ED HARRIS, MORGAN FREEMAN - UN FILM DE BEN AFFLECK ETATS_20UNIS4 POLICIER, SUSPENS - 1h55 - 2007 - Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives privés du coin, Patrick Kenzie et Angie Gennaro.

Disparus dans la nuit

      Premier passage derrière la caméra pour Ben Affleck, le contestable acteur américain. Il adapte l'œuvre de Dennis Lehane (également célèbre pour avoir écrit Mystic River, d'ailleurs porté à l'écran par Clint Eastwood) tiré d'une série de romans sur le duo d'enquêteurs Patrick Kenzie et Angie Genaro, les deux personnages principaux du film justement. Gone baby gone retrace l'investigation du tandem sur la disparition d'une fillette.

    Pour le rôle principal, le réalisateur débutant engage son prometteur et talentueux frère Casey, excellent dans le rôle du lâche Robert Ford à l'automne dernier. Celui-ci se montre à nouveau à la hauteur et devra être suivi de près. Pour lui donner la réplique, son choix apparaît plus discutable. En effet, Michelle Monaghan se montre un peu trop lisse. Les seconds rôles sont assez bons, sans être transcendants. Morgan Freeman et Ed Harris livrent une prestation correcte, sans grande conviction. La faute certainement à un Ben Affleck trop appliqué, qui peine à diriger ses acteurs - comment le pourrait-il alors que lui même a rarement fait preuve de crédibilité dans ses rôles ?

    En revanche, il parvient à nous captiver littéralement pendant une heure - ce qui correspond à peu près à la première moitié du film - si bien que l'on sentirait presque venir le chef d'œuvre. Une superbe photographie, une narration soutenue et prenante, une atmosphère noire et une tension pesante, tous les ingrédients d'un excellent polar sont réunis. Malheureusement, la seconde partie vient atténuer cette réussite. Elle manque de rythme et comporte quelques passages indigestes et peut être superflus. Celle-ci ne sert finalement qu'à révéler progressivement les fils de l'histoire jusqu'à un coup de théâtre final mal valorisé alors que ce dernier rebondissement aurait pu avoir plus de force.

    Cependant, l'intérêt résidera dans cette partie là aux sujets traités : la justice, la responsabilité parentale, la misère. Il pose également une question dérangeante, à laquelle il propose une issue différente de celle attendue : quand est-ce que cela devient nécessaire d'intervenir devant une situation qui nous révolte ? Peut on traiter le mal par le mal ? A t'on le droit de commettre un crime parce que cela semble être pour de bonnes raisons ?

Pancarte7Sur10Un premier film plutôt intéressant de la part d'un Ben Affleck, plus inspiré à l'écriture ou derrière la caméra que devant. Gone baby gone, sans être un chef d'œuvre, se laisse aisément suivre malgré quelques longueurs sur la fin. Retenons surtout une première partie remarquablement prenante et maîtrisée et des qualités intéressantes pour un premier coup. Les deux frères Affleck se montrent plutôt doués et nous attendrons leurs prochains projets avec intérêt. 

L'avis de la presse

Le film manque parfois de fluidité, de lisibilité, Affleck se heurtant à la structure quelque peu alambiquée du bouquin, mais certainement pas de personnalité. Casting aux petits oignons (...), atmosphère soignée, propos ambitieux : Ben Affleck se révèle un réalisateur à suivre. - TeleCineObs

Filmographies

Casey Affleck (Good Will Hunting, Ocean's 11, L'assassinat de Jesse James... )
Morgan Freeman ( Robin des bois, Les évadés, Seven, Million Dollar Baby  ... )
 

Posté par Wilyrah à 16:50 - [ CINEMA - BON FILM ] - Commentaires [5] - Permalien [#]

01 avril 2008

[ciné] PARIS

paris

AVEC JULIETTE BINOCHE, ROMAIN DURIS, ALBERT DUPONTEL - UN FILM DE CEDRIC KLAPISCH FRANCE1 COMEDIE DRAMATIQUE - 2h10 - 2008 - Un Parisien malade croyant qu'il va mourir pose un regard neuf sur la ville et ses habitants : Paris et ses mystères, Paris et ses malheurs, Paris et ses bonheurs, Paris et ses lumières. Au travers du chassé-croisé de huit destins (une assistante sociale, une mannequin, un clandestin camerounais, une boulangère, un SDF, un prof de fac, un architecte, un danseur), le malade prend conscience de la beauté de la ville et de la beauté de la vie.

Few Days in Paris  

Intituler son film : Paris. Audacieux. Pari risqué, surtout. Comment ne pas craindre un long-métrage commun et banal telle une carte postale de Notre Dame, sorte de cliché - aux sens propre et figuré - et symbole connu de tous pour représenter la capitale française ? Même s'il est difficile de remettre en cause l'originalité du cinéaste français, on pouvait toutefois redouter un film un peu trop... parisien justement, avec des bobos par ci, des pauvres gens par là, de la comédie de mœurs pour middle-class, formatée, emballée et vendue, tout en n'oubliant pas quelques ingrédients (ou ici des noms) appréciés par le public visé : un Luchini, un Duris, une Mélanie, de la Binoche ou de la Viard. Y'en a pour tous les goûts. Du péteux, du franchouillard, du beauf, de la midinette... tout le monde pourra s'identifier. Heureusement Klapisch n'est pas un cinéaste trop ordinaire. Le défile de célébrités et de lieux communs n'a pas vraiment lieu et l'on passe deux belles heures de cinéma, lors desquelles il exploite les plus beaux côtés de la vie parisienne et les plus moroses, et nous fait redécouvrir la ville comme pour la première fois, dans un regard pourtant familier. Il met en scène un film touchant, attendrissant, drôle et parfois même délicat et intimiste.

Dans le face à face entre Romain Duris et Juliette Binoche se créé une ambiance toute particulière, où l'on ressent la fragilité de la vie, les instants de bonheur éphémères qui s'envolent bien trop vite. Après l'excellente et attachante comédie Les poupées russes, où Kelly Reilly et Cécile de France avaient tour à tour volé la vedette à Romain Duris, le nouveau film de Klapisch offre une nouvelle fois l'occasion à une actrice - renommée cette fois - d'éclipser le populaire acteur français, coqueluche poilue de son ami réalisateur. Juliette Binoche, spécialiste des rôles de nunuches, se révèle être le véritable point fort du film. Humaine, fragile, pudique, râleuse... Nos yeux verseraient presque la larme qui coule sur sa joue lorsque son frère lui annonce qu'il est malade. Puis, un sourire s'esquisse sur nos lèvres et accompagne ses gestes et attitudes maladroitement malicieuses alors qu'elle essaie de mettre au placard son habit de mère inhibée par ses gosses, son célibat et sa quarantaine. Enfin, il s'efface progressivement pour laisser place à l'émotion lorsqu'elle suit du regard son frère partant pour l'hopital.

De jolies histoires - qui laissent malheureusement sur la touche les personnages de Cluzet et Dupontel qu'on aurait aimé voir davantage - mises en scène avec maîtrise ces destins croisés avec une justesse de ton évitant - à mon grand soulagement - le french pathos pour en faire une œuvre simple et personnelle.

Si celle-ci ne peut malgré tout éviter quelques stéréotypes, s'il manque parfois d'un peu plus de folie dans l'ensemble, on pardonnera à Klapisch ses lacunes ne serait-ce que pour le miracle auquel on assiste : Luchini qui fait son Luchini sans trop faire son Luchini. Quel tour de force ! Il est sûrement le premier réalisateur à avoir réussi à canaliser ce cabotin délirant pour faire apparaître au premier plan la fragilité que ce théatral personnage dissimule souvent derrière un véritable mur de paroles. Cédric Klapisch confirme à nouveau que même s'il n'est pas systématiquement parfait, il excelle quasiment toujours dans sa direction d'acteurs.Pancarte7Sur10

Un joli film, simple et humain, qui met en valeur les hommes et la vie dans la capitale, grace à une mise en scène soignée - presque un peu trop sage -  et une Juliette Binoche attendrissante. Mais il manque un peu de folie, un brin de magie.

L'avis de la presse

Mais la plus belle réussite de cette œuvre est qu’elle évite le piège des clichés sur Paris en retournant à leur source. A l’image du personnage africain qui compare une carte postale d’un panorama avec sa propre vue de ce panorama, Klapisch nous rappelle qu’un cliché, avant d’en être un, est un point de vue réel et pur. Il parvient ainsi à nous faire redécouvrir des poncifs sur notre capitale et ses habitants en y diffusant une émotion inédite. Avoir-Alire.com

"Paris" se trouve réduit à un simple décor pour comédie de mœurs, un film (...) un peu trop appliqué. Positif

Paris est aussi la capitale des embouteillages, et c'est ce qui arrive au film de Klapisch: à vouloir mettre trop de personnages qui se croisent, se suivent sans forcément qu'un lien les unisse, ça finit par bouchonner. Elle

Son "Paris" a du coeur, de la tendresse, de l'humour. Le montage, complexe et fluide à la fois, tisse une toile subtile, faites d'histoires simples, drôles, tragiques. Le journal du dimanche

Filmographies

Cédric Klapisch ( Le péril jeune, Un air de famille, L'auberge espagnole, Les poupées russes ... )
Romain Duris ( Le péril jeune, L'auberge espagnole, Les poupées russes, Exils  ... )
Juliette Binoche ( La vie de famille, Le hussard sur le toit, Le patient anglais, Le chocolat  ... )
 

Posté par Wilyrah à 02:02 - [ CINEMA - BON FILM ] - Commentaires [7] - Permalien [#]

26 mars 2008

[ciné] EN VRAC : VERA DRAKE, A VIF, JULIA, L'INCROYABLE DESTIN...

À VIFPancarte3Sur10

 AVEC JODIE FOSTER, TERRENCE HOWARD, NAVEEN ANDREWS
UN FILM DE NEIL JORDAN ETATS_20UNIS4 THRILLER - 2h01 - 2007

       Jodie Foster ne semble plus trouver de rôle à la hauteur de son talent. Un film à peine bon à s'occuper pendant deux heures. Scénario tiré par les cheveux pour un thriller un peu plat et une conclusion douteuse en forme d'apologie de l'auto-défense.

JULIAPancarte4Sur10

AVEC TILDA SWINTON
UN FILM DE
ERICK ZONCA  FRANCE1 DRAMA - 2h20 - 2008

        Dix ans après La vie rêvée des anges, Erick Zonca fait son retour sur grand écran pour un film tourné outre-atlantique avec en tête d'affiche la fraîchement oscarisée Tilda Swinton. On suit le parcours d'une femme proche de la quarantaine qui ne maîtrise plus grand chose dans sa vie (alcoolique, elle est renvoyée de son boulot, elle couche à gauche et à droite et se lève chaque matin avec la gueule de bois). Mais on peine à s'attacher à cette girafe vacillante qui découvre un téton par ci ou exhibe son soutif par là. On regrette une mise en scène affectée qui laisse Tilda Swinton à ses tics de jeu pour donner du corps à son personnage, un scénario de plus en plus rocambolesque et invraisemblable au fur et à mesure que le film avance et cette agaçante accumulation des clichés jusqu'à l'irritation (les mexicains qui vocifèrent des "hijo de puta" à toutes les sauces, bonjour la caricature).

STRANGER THAN FICTIONPancarte6_5Sur10

 AVEC WILL FERRELL, EMMA THOMPSON, DUSTIN HOFFMAN, MAGGIE GYLLENHAAL
UN FILM DE MARC FORSTER FRANCE1 COMEDIE - 1h45 - 2007

        Un homme, solitaire et profondément habitué à sa routine méthodiquement adaptée à son rythme de vie, se met soudain à entendre dans sa tête la voix d'une femme qui semble narrer ses faits, gestes et pensées. Au début, il est intrigué et commence à penser qu'il est en train de perdre la tête. Un jour, celle-ci annonce tout simplement que son heure approche...
        Cet incroyable destin de Harold Crick est une comédie originale, rafraîchissante et attachante, qui contient tous les ingrédients d'un divertissement réussi, auquel on pardonne quelques facilités scénaristiques.

VERA DRAKEPancarte8Sur10

 AVEC IMELDA STAUTON, JIM BROADBENT
UN FILM DE MIKE LEIGH ETATS_20UNIS4 DRAME - 1h59 - 2005

       Dans l'Angleterre des années 1950, Vera, mère cinquantenaire, travailleuse, généreuse et aimante, aide clandestinement des jeunes femmes à avorter. Le dernier film de Mike Leigh (qui a reçu la Palme d'Or en 1996 pour Secrets and lies) suit le parcours de cette femme au grand coeur qui aide bénévolement ces femmes qui ne peuvent se permettre de garder l'enfant qu'elle porte. Cependant, à l'époque, cet acte était considéré comme un crime grave et lui coûtera la prison.
      Porté par un Imelda Stauton impeccable, Vera Drake est un film qui nous parle, nous émeut et nous révolte jusqu'à un dénouement réaliste et malheureusement regrettable compte tenu des moeurs de l'époque. La mise en scène, la photographie, le scénario, tout est soigné et irréprochable. Un film à voir.

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23 mars 2008

[series] TELL ME YOU LOVE ME, SAISON 1

TMYLM

AVEC ALLY WALKER, SONYA WALGER, TIM DE KAY - SÉRIE CRÉÉE PAR CYNTHIA MORT ETATS_20UNIS4 DRAME, SENTIMENTAL - FORMAT 10 x 50min - 2007 - Conseillère conjugale, le Dr May Foster tente de venir en aide à ses clients. Dave et Katie, la quarantaine, en apparence heureux, n'ont plus de relations sexuelles. Carolyn et Palek, trentenaires, veulent avoir un enfant, mais la pression pour tomber enceinte n'est pas facile à surmonter. Enfin, Jamie et Hugo, fiancés, doivent faire face à l'infidélité.

Dis moi comment tu aimes, je te dirais qui tu es.

        Après les adieux successifs de Six Feet Under, Les Sopranos, Rome et Deadwood, la chaîne HBO revient sur le devant la scène en produisant une nouvelle série dont elle a le secret. Le lancement de la série a été accompagné d'une polémique fort regrettable concernant le réalisme des scènes de sexe, tout sauf racoleuses, qui n'a pour but que de refléter la réalité et l'intimité d'une vie de couple.

        Une fois cette question mise à part (simulées, non simulées?) on se concentre sur la véritable valeur du show et l'on constate que l'on détient là une petite perle télévisuelle comme la chaîne cryptée américaine sait les faire. Le sexe fait donc partie du couple et n'en est qu'un des composants. Il est donc logique de le voir apparaître ça et là, lors de certaines séquences. Mais avant tout, Tell Me You Love Me évoque les névroses de chaque couple, les moments de complicité et les difficultés à traverser ensemble.

        La série fait preuve d'une remarquable qualité en terme de psychologie et d'une storyline intelligente et réaliste. La mise en scène et les interprétations des comédiens sont d'un naturel assez déconcertant, si bien que l'on se sentirait presque comme un spectateur de la vie de ces couples, intrus voyeur et discret assistant aux repas de famille, aux engueulades et aux rendez-vous avec la thérapeute. On suit donc ces trois couples en difficulté, Jamie & Hugo, Carolyn & Palek et enfin Dave & Katie, de générations et à des stades de leur relation différents. Ceux-ci ne se connaissent pas et n'ont quasiment aucun lien entre eux - outre le fait de consulter une thérapeute - et ne se croisent que par hasard, sans entrer en contact. La série offre également le regard original du point de vue de la psychologue, dont on découvre également la vie intime, ce qui apporte un bonus à la série plutôt intéressant et une position originale.

Pancarte8_5Sur10        Après un démarrage poussif voire un peu décevant en terme d'audience - handicapée par cette ridicule polémique et le buzz orchestré autour d'elle - la première saison a finalement conquis un public de plus en plus fidèle, réalisant des scores prometteurs et intéressants, bien plus à la hauteur de la véritable qualité de la série. Celle-ci a donc logiquement été reconduite pour une seconde que l'on espère aussi intelligente, émouvante et attachante.

L'avis de la presse

Plus que la vision de corps dénudés, c'est la façon de filmer le sexe qui tranche radicalement avec ce que propose généralement la télévision en la matière. La caméra ne cherche jamais à rendre glamour ou érotique la chorégraphie des corps : filmée (avec une « sensibilité européenne », selon Variety) dans une lumière froide, à distance, elle en dit plus sur l'état psychologique et émotionnel du couple qu'un long dialogue. (...) A travers ces quatre couples de générations différentes, Tell me you love me compose une âpre et douloureuse méditation sur la vie à deux. Les répliques n'essayent ni d'être drôles ou spirituelles, le silence et le non-dit sont omniprésents. Cynthia Mort, la créatrice de la série, pose un regard quasi-documentaire, tour à tour brutal ou tendre, sur ses personnages... Cela n'a rien de réjouissant, ni de plaisant, mais c'est infiniment juste et troublant.... TELERAMA

Filmographies

Ally Walker ( Universal soldier, Profiler ... )
Sonya Walger ( Sleeper cell, Lost  ... )
Tim DeKay ( Carnivale  ... ) 

Générique (de fin)

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19 mars 2008

[series] DAMAGES, SAISON 1

Damages

AVEC GLENN CLOSE, ROSE BYRNE, ZELJKO IVANEK, TED DANSON, NOAH BEAN - SÉRIE CRÉÉE PAR TODD A. KESSLER ETATS_20UNIS4 THRILLER JUDICIAIRE - FORMAT 13 x 50min - 2007 - Ellen Parsons erre, ensanglantée, dans les rues bondées de New-York... Pourtant, six mois plus tôt, tout allait pour le mieux. Engagée dans le cabinet d'avocats le plus puissant de la ville, dirigé par la redoutable Patty Hewes, Ellen faisait des débuts prometteurs. A cette époque, Patty était sur une grosse affaire : elle se battait pour faire tomber Arthur Frobisher, un magnat de la finance qu'elle accusait d'avoir escroqué ses 5 000 employés. Dans l'influent milieu de la Justice, Patty a une réputation de fer; elle est prête à tout pour arriver à ses fins... Les méthodes de Patty ont-elles quelque chose à voir avec la déchéance dans laquelle Ellen sombrera six mois plus tard ?

Damages collatéraux : échec et mat.

     N'étant guère un adepte des séries juridiques, mon approche de Damages s'apparentait plutôt à une forte curiosité qu'à un véritable intérêt, notamment pour constater ce que valait cette escapade télévisée de Glenn Close et vérifier la légitimité des éloges qui l'accompagnait. Le surprenant tour de force est qu'en réalité Damages n'a rien d'une série de salle d'audience - pour ainsi dire, hormis les marches dans un des premiers épisodes, on ne voit pas le tribunal. En fait, Damages est un thriller politico-juridique s'intéressant aux manœuvres financières de personnages puissants et à leurs actions crapuleuses, qui traitera sur l'intégralité de la première saison de l'affaire Frobisher (voir synopsis). Pari ambitieux, et pari gagné.

    Après un passage remarqué par la série The Shield, Glenn Close poursuit son chemin sur le petit écran et s'offre le rôle principal dans la nouvelle série de la chaîne du câble américaine FX. À ses côtés, on retrouve l'actrice australienne Rose Byrne  - aperçue aux côtés de Brad Pitt dans Troie, ou plus récemment dans le superbe The Dead Girl, dont elle sortait du lot avec Toni Collette - qui incarne cette jeune et prometteuse associée embauchée par Patricia Hewes (dite Patty Hewes, puissante avocate new-yorkaise). Après des débuts un peu lisses - certainement imposés par le rôle - sa naïveté et sa simplicité vont petit à petit laisser place à une ambition presque aussi acharnée que sa patronne et "mentor" et un habit de candeur finalement bien trompeur.

    Si la série attire déjà l'attention grâce au Golden Globes, amplement mérité, obtenu par Glenn Close pour sa remarquable interprétation d'une Patty Hewes machiavélique et charismatique, une des qualités majeures de Damages consiste en sa construction narrative - astucieusement défragmentée, alternant flash-forward, action en temps réel et souvenirs - qui tient le spectateur en haleine jusqu'au dénouement - qui réserve son lot de surprises et de révélations en suspend.

    On félicitera d'ailleurs les auteurs (certains ont travaillé sur Rome, Les Sopranos, Prison Break) pour leur brillant et cohérent travail d'écriture où chaque détail est distillé ça et là pour brouiller les pistes ou attirer l'attention - en sachant toutefois très bien où ils vont, contrairement à certains shows attrape-nigauds comme Lost - sans que l'on ne puisse déterminer définitivement la culpabilité des protagonistes.

    Là où Damages frappe encore plus fort et se distingue, c'est qu'en 13 épisodes chaque personnage apparaît avec ses qualités, ses faiblesses et ses zones d'ombre. Damages est la délicieuse antithèse du schéma manichéen : alors que du côté des bons, les perversions et les double-jeux se dévoilent, le camp des accusés affiche au contraire progressivement une humanité inattendue. Patty Hewes devient même un symbole parfait de l'anti-héros jouissif, glaçant de cynisme, personnage complexe et mystérieux prêt à tout pour faire tomber Frobisher, milliardaire véreux. Les cinq derniers épisodes sont d'une tension presque intenable et l'intrigue va redoubler de suspens au fur et à mesure que les vices de chacun apparaissent, jusqu'à une conclusion étonnante qui n'a pas fini de nous faire languir sur les jeux de manipulation qui nous attendent dans la seconde saison. Espérons que les scénaristes sauront se montrer aussi époustouflants !

Pancarte9Sur10Damages, c'est l'art de la sournoiserie, de la dissimulation, de la perversité et de la ruse. Plutôt que de s'encombrer d'une flopée de louanges, n'ayons pas peur des mots : Damages, c'est tout bonnement LA série de l'année. Portée par une Glenn Close savoureusement plus diabolique que les bad-guys eux-mêmes, on peut annoncer clairement qu'on détient ici une série d'une intelligence indéniable et efficacité redoutable, qui n'en a pas fini de se jouer des schémas classiques du genre mais également de nos nerfs.

L'avis de la presse

Damages n’est pas seulement un thriller noir alambiqué au dénouement surprenant, c’est aussi une sublime représentation des jeux de pouvoir existants entre protagonistes influents et mystérieux, sans cesse entretenus par de nouveaux enjeux politiques et financiers. BLABLAS EN SÉRIE

La force de cette fiction judiciaire réside, c'est vrai, dans sa construction narrative, diaboliquement efficace. Durant treize épisodes, Damages balade le téléspectateur au cœur des multiples ramifications d'une seule et même affaire : celle qui oppose, sur fond de scandale financier, un grand patron (Ted Danson) à ses cinq mille employés, défendus par Patty Hewes (Glenn Close). L'incursion est d'autant plus palpitante que des flash-forward (des sauts vers le futur) rappellent constamment que pour certains de ses protagonistes l'histoire va très mal finir... TELERAMA

Filmographies

Glenn Close ( Liaison fatale, Les liaisons dangereuses, Mars Attacks, The Shield ... )
Rose Byrne ( Star Wars, Troie, Marie-Antoinette, 28 semaines plus tard, Damages  ... )
Todd A. Kessler ( Les Sopranos, The Practice  ... )


Générique

Posté par Wilyrah à 15:11 - [ séries tv ] - Commentaires [5] - Permalien [#]

07 mars 2008

[ciné] THE DEAD GIRL

thedeadgirl1

AVEC TONI COLLETTE, MARCIA GAY HARDEN, ROSE BYRNE - UN FILM DE KAREN MONCRIEFF ETATS_20UNIS4 DRAMA - 1h36 - 2008 - La découverte du corps d'une jeune fille dans un champ aux abords de Los Angeles va bouleverser l'existence de plusieurs personnes étrangères les unes aux autres mais liées d'une manière ou d'une autre à ce meurtre brutal.

Celles qui restent

       Grand Prix du jury au festival du film américain de Deauville, ce second métrage de Karen Moncrieff se présente sous la forme de cinq chapitres, cinq segments de vie, cinq destins de femmes. S'il commence par la découverte du corps d'une jeune femme, le film n'a rien d'une enquête policière. Cet évènement n'est que le trait d'union reliant les vies de ces femmes qui vont en être bouleversées.

    Le premier chapitre mystérieux et tendu, l'étrangère, dresse le portrait d'une femme étouffée par une vieille mère infâme (Tatie Danielle était un ange à côté) et rongée par le décès de son frère, qui découvre lorsqu'elle se promène - certainement pour fuir son foyer inhospitalier - le corps d'une jeune femme au bord d'un champ. Après avoir signalé ce fait à la police, elle va reprendre, par la force des choses, son destin en main et tenter de s'extirper de son quotidien masochiste. Toni Collette est incroyable et nous scotche rapidement à notre siège. Cette première partie donne le ton : une photographie soignée, des prises de vue maîtrisées, une caméra introspective et presque omnisciente. Karen Moncrieff filme ici ses personnages avec un naturel sobre et singulier.

    La seconde histoire est tout aussi prenante. Rose Byrne incarne une jeune femme légiste, dont la vie semble suspendue depuis la disparition de sa sœur aînée quinze ans plus tôt. La famille ne vit plus qu'autour de l'obstination de sa mère, déterminée à ne pas perdre espoir et qui ne compte plus ses efforts pour la retrouver. Leah, qui se voit confier l'autopsie du cadavre récemment découvert, pense un moment avoir identifié celle qui les a quitté il y a maintenant plus d'une décennie. Cette nouvelle, vécue comme un drame par la mère, va lui permettre d'accomplir enfin le deuil qu'elle attendait pour recommencer à vivre, malgré tout. Spoiler (surlignez) : Comme un symbole, lorsque finalement le résultat des analyses arrive et que l'on constate qu'elle n'est pas cette sœur disparue quinze ans auparavant, son patron lui tend le document, accompagné d'un "désolé" étrangement lourd de signification.

    Le troisième segment est certainement le plus osé puisqu'il pose le cadre de vie de l'épouse du tueur présumé. Celle-ci, enfermée dans la routine et négligée par son mari, va découvrir progressivement les agissements suspects de ce dernier. Néanmoins, devant le poids de la responsabilité et les bouleversements dans sa vie qu'entraîneraient la dénonciation de celui-ci, elle va se retrouver confrontée à un dilemme : préserver le confort tristounet du quotidien ou tout compromettre par acquis de conscience.

    Lors de la quatrième partie, on suit la mère de la victime, interprétée avec talent par une Marcia Gay Harden juste et touchante. Après avoir rencontré les inspecteurs pour remplir les formalités administratives, elle va tenter de revenir sur les pas de sa fille qui avait quitté son domicile des années auparavant, fuyant un beau-père qui abusait d'elle. La réalisatrice parviendra judicieusement à trouver un équilibre entre l'émotion et la gravité, évitant donc de tomber dans le mélodramatique ou la pleurnicherie. Spoiler (surlignez) :C'est en apprenant qu'elle est désormais grand-mère qu'elle trouvera la force de surmonter ces nouvelles successives et qu'elle tentera désormais de donner à sa petite fille une enfance plus saine et entourée de l'amour que sa fille souhaitait donner à cet enfant, tant bien que mal.

    La cinquième histoire n'est autre que celle de l'innocente victime. Nous suivrons donc les dernières heures de cette jeune femme, à la vie bien misérable et qui doit subir les violences du milieu de la prostitution. Malheureusement, cette dernière partie apparaît plus comme une conclusion de tous les éléments rassemblés au fur et à mesure par le spectateur, si bien que le générique arrive un peu trop tôt et ne permet pas à cette œuvre originale et touchante de se distinguer par un final fort et à la hauteur.

Pancarte7_5Sur10La réalisatrice n'opte pas pour un schéma narratif classique qui veut que le fil rouge conduise petit à petit à la croisée des chemins. Elle se détache donc du film choral et préfère dresser cinq portraits attentifs et implacables de femmes confrontées à la mort et à leur propre destin. Evoquer la mort pour mieux parler de la vie, ce n'est pas sans nous rappeler le chef d'œuvre télévisé que fut Six Feet Under. On regrettera une conclusion décevante qui ne donne pas toute la force que ce bon film méritait.

L'avis de la presse

Selon Variety, Moncrieff ferait partie des 10 scénaristes américains à suivre. Après être passés sous son rouleau compresseur en cinq tableaux, difficile de dire le contraire : cinq univers, cinq plaidoyers, cinq tragédies, une existence détruite… mais d’innombrables ébranlées. - CommeAuCinema.com

Filmographies

Toni Collette ( Pour un garçon, The Hours, In her shoes ... )
Rose Byrne ( Troie, Marie-Antoinette, 28 semaines plus tard, Damages  ... )
Giovanni Ribisi ( Friends, Lost in translation, Retour à Cold Mountain  ... )
 

Prochaine toile

Julia de Erick Zonca

Posté par Wilyrah à 22:18 - [ CINEMA - BON FILM ] - Commentaires [8] - Permalien [#]

[dvd] DANS LA VALLEE D'ELAH

vallee_d_elah1

AVEC CHARLIZE THERON, TOMMY LEE JONES, SUSAN SARANDON - UN FILM DE PAUL HAGGIS ETATS_20UNIS4 POLICIER - 2h02 - 2007 - De retour d'Irak pour sa première permission, Mike Deerfield disparaît mystérieusement et est signalé comme déserteur. Son père, Hank – un ancien membre de la Police Militaire – et sa mère Joan se lancent à sa recherche avec le concours d'Emily Sanders, officier de police de la juridiction du Nouveau-Mexique où Mike a été aperçu pour la dernière fois. Face au silence et à l'hostilité croissante des autorités militaires, Hank et Emily soupçonnent bientôt un coup fourré. Les indices troublants s'accumulent, et la vérité sur le séjour en Irak de Deerfield finit par éclater, bouleversant à jamais la vie de Hank et ses croyances…

No country for our men

      Après Collision et les excellents scénarios de Million Dollar Baby, Mémoires de nos pères et Casino Royale, Paul Haggis réalise un film sur le conflit iraqien et les traumatismes subits par les jeunes troupes américaines lors de celui-ci. S'il n'a pas le talent de Sam Mendes (Jarhead) et que son long-métrage reste assez sage, il souligne comment les États-Unis continuent de se voiler la face sur les conséquences des guerres dans lesquelles ils s'investissent, pour les civils sur place, mais aussi les soldats de leur propre nation. Le cinéaste utilise comme fil conducteur une enquête policière suite à la disparition d'un jeune soldat fraîchement rentré au pays. On constate que cette jeunesse débordante d'idéaux patriotiques s'est retrouvée parachutée à l'autre bout du monde, sans repères ni confort, éloignés des leurs, à mettre les mains dans la boue et le sang. On se demande comment on peut envoyer ses jeunes hommes, pas encore adultes, dans un contexte comme celui-là, sans préparation et aucun encadrement psychologique sur place, puis à leur retour, si bien qu'ils ne savent plus s'ils étaient finalement mieux là-bas qu'ils ne le sont ici.

    L'atout du film est la présence de Tommy Lee Jones, tout en intériorité, qui verra ses convictions d'ancien soldat mais également de père s'effondrer au fur et à mesure de l'avancement de l'investigation. Charlize Theron, toute en sobriété, l'accompagnera dans sa démarche, touchée par ce père meurtri et isolé. Les rebondissements se succèdent mais on n'est toutefois jamais vraiment surpris, la faute à une réalisation linéaire, à des rôles secondaires plutôt mauvais - par opposition aux deux acteurs principaux impeccables - et à des choix parfois faciles de mise en scène, d'une utilisation abusive d'une Susan Sarandon mélodramatique et de ces sempiternels plans de la bannière étoilée, qu'elle soit glorifiée ou entachée.

Pancarte6_5Sur10     Ce qui agace est qu'en réalité ce soi-disant "brûlot" n'illustre finalement que les erreurs humaines, y compris celles des citoyens américains désormais enfin conscients des errances de dirigeants qu'ils avaient pourtant reconduits pour un mandat supplémentaire, adhérant d'ailleurs majoritairement à cette décision d'envoyer leurs troupes en Irak. Les Américains ne semblent pas enclin à retenir les cinglantes leçons reçues par le passé et les nombreux revers subits.
    S'il l'on regrette un récit surchargé de symboles et de scènes parfois lourdes à la longue, on saluera néanmoins l'initiative et les bonnes intentions de son auteur encore lié à ce point de vue subjectif, et surtout, l'interprétation juste et touchante de son tandem.

Revue de presse

Film antimilitariste, Dans la vallée d’Elah laisse pourtant planer une étrange ambiguïté en fin de parcours (…). Le personnage principal laisse aller son écœurement sans jamais remettre en cause le patriotisme qui fonde cet aveuglement et cette propension à l’oubli.. Libération

(…) malgré des comédiens au top (…) on sent qu’ils sont essentiellement au service d’une démonstration, fût-elle habilement déguisée. TeleCineObs

(…) lucidité essentiellement introspective, qui ne s’accommode toujours pas très bien du registre policier de l’intrigue. En demandant ce qu’il faut penser d’une nation qui laisse ses enfants à la barbarie, le film est d’abord un constat sanitaire habillé en jugement moral (…) Positif

Filmographies

Tommy Lee Jones ( Le fugitif, Men in black, Trois enterrements, No country for old men  ... )
Charlize Theron ( The Yards, Braquage à l'italienne, Monster, L'affaire Josey Aimes ... )

Posté par Wilyrah à 10:49 - [ CINEMA - BON FILM ] - Commentaires [2] - Permalien [#]

01 mars 2008

[dvd] LES BERKMAN SE SEPARENT & MARGOT AT THE WEDDING

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AVEC LAURA LINNEY, JEFF DANIELS - UN FILM DE NOAM BAUMBACH ETATS_20UNIS4 COMEDIE DRAMATIQUE - 1h17 - 2006 - New York, 1986. Il y a bien longtemps que les romans de Bernard n'ont plus de succès alors que sa femme Joan, qui écrit aussi, est en pleine ascension. Rien ne va plus entre eux. Ils ont décidé de divorcer. C'est une catastrophe pour leurs deux fils, Walt, 16 ans, et Frank, 12 ans. 

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AVEC NICOLE KIDMAN, JENNIFER JASON LEIGH, JACK BLACK, JOHN TURTURRO - UN FILM DE NOAM BAUMBACH ETATS_20UNIS4 COMEDIE DRAMATIQUE - 1h32 - 2008 - Margot, écrivain à succès installée à New York, rend visite, en compagnie de son fils Claude, à sa soeur Pauline, qui vit dans la maison où toutes deux ont grandi. Pauline est sur le point d'épouser Malcolm, un artiste sans emploi, mais ce choix déplait profondément à Pauline. 

We are family

      Entre Les Berkman se séparent (titre original : The squib and the whale, littéralement le calamar et la baleine) et Margot va au mariage, Noam Baumbach a trouvé sa cible : la famille. Il décide de traiter - enfin, traiter est un bien grand mot - ou plutôt de montrer comment les dynamiques familiales peuvent être responsables de nombreuses névroses et psychoses chez chaque membre qui la compose. Le sujet est intéressant et avec de tels actrices (Kidman, Leigh, Linney...), on pouvait s'attendre à un moment de cinéma savoureux.

    Noam Baumbach tente la crudité et le décalage, mais avec des protagonistes tout aussi spéciaux que caricaturaux, la seule chose qu'il réussit est d'ennuyer le spectateur. Le réalisateur n'utilise aucun des ingrédients qui font d'une comédie familiale dramatique une œuvre attirante. Ces deux films sont fades, dénués d'humour et d'émotion, cultivant la bizarrerie, le malsain et les personnages névrosés, ainsi que les gosses torturés par la sexualité - la masturbation plus particulièrement. On aurait pu se dire qu'au moins il y mettait un peu de psychologie, que nenni. S'il use et abuse des tendances psychotiques voire schizophrènes, qu'il aime également cultiver les relations mère-enfant tendancieuses, tente de mettre en avance l'importance du regard parental sur la construction de l'adolescent, on ne ressort de là qu'agacé par tant de suffisance et de superficialité. Ses films sont sans réel but et ne vont nulle part. La narration et la réalisation sont d'une platitude assez désolante. La mise en scène ne valorise même pas les prestations pourtant de qualité de ses acteurs. Ni divertissant, ni émouvant.

Pancarte2_5Sur10     Les deux films pourraient être résumés de la même façon : des parents écrivains et cultivés, des enfants en pleine confusion sexuelle et sentimentale, une bande son tablant sur le côté intello-nostalgique, des dialogues crus et impertinents, des acteurs qui tentent de donner un peu de vie à des fictions soporiphiques... Baumbach serait il le spécialiste du film familio-névrotique ? Le fait est qu'à chaque fois que le générique final arrive, on ne peut s'éviter de penser qu'on vient malheureusement de perdre une heure et demie de notre temps. Le cinéaste rend ses films aussi haïssables que les personnages qu'ils mettent en scène. Les Berkman se séparent et Margot va au mariage ne trouveraient à peine leur place dans la plage horaire consacrée aux téléfilms sur M6. Le second, initialement programmé pour Mars 2008, a finalement été mis de côté et devrait sortir finalement directement en dvd. Les programmateurs ont eu du nez, pour une fois.

Filmographies

Nicole Kidman ( Moulin Rouge, Les Autres, the Hours, Dogville, Cold Mountain, Invasion  ... )
Jennifer Jason Leigh ( Existenz, Les sentiers de la perdition, In the cut, The Machinist  ... )
Laura Linney ( The Truman Show, Mystic River, La vie de David Gale, La famille Savage  ... )

Posté par Wilyrah à 18:12 - [ CINEMA - MAUVAIS ] - Commentaires [4] - Permalien [#]



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