. . . . LE BLEU DU MIROIR . . . .

Avis et chroniques sur les derniers films vus en salles ou en DVD, ainsi que quelques-uns de mes coups de cœur ciné ou séries TV.

09 décembre 2009

[ciné] MARY ET MAX

marymaxMARY AND MAX RÉALISÉ PAR ADAM ELLIOTT – AVEC LES VOIX DE TONI COLLETTE, PHILIP SEYMOUR HOFFMAN, ERIC BANA – GENRE ANIMATION – DURÉE 1h32 – ÉTATS UNIS  – SORTIE (FR) 30 SEPT. 2009 - Sur plus de vingt ans et d'un continent à l'autre, Mary et Max raconte l'histoire d'une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d'Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York. Cet été, Pixar nous avait enchantés, charmés, amusés et émus avec Là-Haut, dont on ressortait le sourire aux lèvres et le cœur gros. Le film d'animation d'Adam Elliott ne sort pas des studios américains. Pourtant, c'est une petite pépite tout aussi attachante et bouleversante, une douceur poétique teintée d'étrangeté et de noirceur comme Tim Burton savait si bien les faire. Mary vit en Australie avec une mère alcoolique et un père « original ». Max ne quitte pas beaucoup son appartement new-yorkais. Un jour, alors que Mary accompagne sa mère à la poste, elle décide de trouver un correspondant américain qui pourrait répondre à une question existentielle. Le destinataire va donc recevoir la lettre culottée de ce bout de jeune fille et une amitié singulière va se créer entre ces deux êtres atypiques. Mary & Max fait partie de ces films qui vous touchent en plein cœur, de ces très beaux moments de cinéma comme on aimerait en voir plus souvent. Un film riche, plein de charme et de tendresse, drôle et un brin décalé, dont on ressort les yeux pétillants et embrumés. Une merveille qu'il serait bien dommage de manquer.

 Ce qu'en dit la presse (TéléCinéObs, Positif) : « Deux existences recluses, repliées sur leur monde intérieur auquel l'animation donne non seulement forme et vie mais exacerbe, avec un beau sens du détail évocateur, la poésie tragique et l'humour désespéré. Mary et Max mélange la satire à la parabole (...) À la fin, on pleure. » 

50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_half

01 octobre 2009

[dvd] JE SUIS UNE LÉGENDE

jesuisunelegende

RÉALISÉ PAR FRANCIS LAWRENCE – AVEC WILL SMITHGENRE ACTION – DURÉE 1h40 – ÉTATS UNISSORTIE (FR) 19 DEC. 2007

Malgré toutes ses connaissances, Robert Neville, un brillant scientifique, n’a pu endiguer la mystérieuse épidémie qui a transformé les gens en d’horribles mutants assoiffés de sang. Miraculeusement épargné par le virus, Neville est le dernier homme à New York, peut-être même au monde. Voilà maintenant trois ans qu’il se débrouille pour trouver des vivres et envoie obstinément des messages radio dans l’espoir de trouver d’autres survivants, tandis que dans l’ombre « les Infectés » attendent qu’il commette un faux pas. Dernier espoir d’une humanité bientôt éteinte, le scientifique n’a qu’une idée en tête : trouver le moyen d’inverser les effets du virus.

Mon avis sur le film

Les films post-apocalyptiques ne passent jamais de mode mais, bien souvent, la subtilité et le réalisme du scénario sont négligés (Ah... Phénomènes de M. Night Chiant-malin... Soupir.) au profit d'effets spéciaux sensationnels. Ici ce n'est heureusement pas trop le cas. I am legend est l'adaptation du roman de science-fiction de Richard Matheson paru en 1954. D'autres avant F. Lawrence s'étaient déjà attelé à ce travail de transposition sur grand écran en 1964 et 1971. Plus de trente ans plus tard, le cinéma américain nous offre une nouvelle vision de l'oeuvre culte de Matheson, avec dans le rôle phare un des spécialistes du genre : Will Smith (Independance Day, MIB, I-Robot). Depuis Le Prince de Bel-Air, l'acteur "cool" Will Smith a pris de la bouteille et cela se sent dans son interprétation, moins spectaculaire et plus suggestive. L'acteur américain porte comme souvent le film, avec beaucoup de talent et de charisme - ça, il l'a toujours eu. Il est accompagné par un personnage à quatre pattes presque aussi attachant et émouvant, "son" berger allemand. Ce tandem arpente les rues désertes de New-York, dans cet atmosphère anxiogène et aride. Un film pas toujours irréprochable mais une réussite générale plutôt enthousiasmante :  un divertissement agréable et intéressant.

50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_empty50px_Star_empty

Un film dont on n'attend rien au départ mais qui s'avère être un divertissement plutôt efficace et prenant. Will Smith porte le film sur ses épaules et il s'en sort relativement bien – comme souvent dans ce genre-là.

L'avis de la presse

Je suis une légende prend le risque du vide, du silence, de l'inaction et du blasphème, s'autorise quelques embardées spectaculaires d'une vraie sauvagerie, et impose à l'arrivée une identité certes inaboutie, mais rarissime dans ce type de blockbuster. TeleCinéObs

04 avril 2009

[dvd] TROIS FILMS SORTIS EN 2008

fabriquedesentiments

RÉALISÉ PAR JEAN-MARC MOUTOUT – AVEC ELSA ZYLBERSTEIN, JACQUES BONNAFFÉ, BRUNO PUTZULUGENRE COMÉDIE DRAMATIQUEDURÉE 1h44 – FRANCESORTIE (FR) 6 FEVRIER 2008

Eloïse, 36 ans, est clerc de notaire et vit à Paris. Jeune femme belle et brillante, elle est cependant toujours célibataire. Pour briser sa solitude, elle décide de s'inscrire à des speed-dating. Par ailleurs, Eloïse s'inquiète pour sa santé quand son corps la désavoue. Elle a le sentiment que le bonheur lui échappe. L'angoisse supplante peu à peu sa maîtrise. Dans ses rêves et dans la réalité, Eloïse lâche enfin une part de ce qui la travaille profondément : la quête de l'amour bien sûr, mais aussi le besoin d'afficher aux yeux du monde une vie de couple. Elle devra faire face à ses désirs et ses contradictions...

Un joli film français, parfois trop pertinent, parfois trop factice, mais bien mis en valeur par de beaux dialogues et la prestation irréprochable de Elsa Zylberstein.


WN 6 / 10

mirrors

RÉALISÉ PAR ALEXANDRE AJA – AVEC KIEFER SUTHERLAND, PAULA PATTON, AMY SMARTGENRE HORREUR – DURÉE 1h51 – ÉTATS-UNIS – SORTIE (FR) 10 SEPTEMBRE 2008


Un ancien flic, forcé de démissionner de son travail après un accident ayant couté la vie de son associé, travaille à présent comme veilleur de nuit dans un grand magasin brûlé et abandonné. Seuls quelques miroirs ont survécu aux flammes. Il réalise que ceux-ci cachent un horrible secret qui les menace, lui et sa famille.

Un pitch prometteur, une mise en scène plutôt soignée, mais des facilités de scénario qui ternissent l'efficacité de ce second film de Aja.

BOF 4 / 10


graceisgone

RÉALISÉ PAR JAMES C. STROUSE – AVEC JOHN CUSACK, SHELAN O'KEEFE, GRACIE BEDNARCZIKGENRE DRAMA – DURÉE 1h32 – ÉTATS-UNIS – SORTIE (FR) 28 MAI 2008

La vie de Stanley Phillips, père de deux petites filles, bascule lorsqu'il apprend la mort de sa femme, Grace, tuée au service en Irak. Comment annoncer à ses filles que leur mère les a quittés ? Stanley tente de repousser ce moment en conduisant les petites à un parc d'attractions en Floride, dans un voyage impromptu qui le met face à son chagrin. La voix de sa femme sur le répondeur téléphonique lui procure un piètre réconfort tandis qu'il cherche la manière de partager la triste nouvelle avec ses enfants.

Un film indépendant poignant et modeste, un road-movie attachant porté par des comédiens aux interprétations subtiles et sans larmoyant. Sensible et émouvant.

 

FAV 7 / 10

Posté par Wilyrah à 14:13 - Sorti en 2008 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

11 mars 2009

[ciné] THE WRESTLER

thewrestler

RÉALISÉ PAR DARREN ARONOVSKY – AVEC MICKEY ROURKE, MARISA TOMEI, EVAN RACHEL WOOD – GENRE DRAMA – DURÉE 1h45 – ÉTATS-UNIS – SORTIE (FR) 18 FEVRIER 2009

À la fin des années 80, Randy Robinson, dit The Ram ("Le Bélier"), était une star du catch. Vingt ans plus tard, il ne se produit plus que dans des salles de gym de lycées ou des maisons de quartier... Brouillé avec sa fille, il est incapable d'entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l'adoration de ses fans.

Mon avis sur le film

Après le marquant Requiem for a dream et le fascinant The Fountain, Darren Aronofsky signe son grand retour avec The Wrestler, accompagné d'un Mickey Rourke époustouflant. La presse en a beaucoup fait et dit à propos de la "résurrection" de l'acteur des années 90. Un discours qui avait de quoi agacer. Mais lorsque l'on voit son interprétation - qui malheureusement n'a pas obtenu l'Oscar, l'Academy lui préférant le maniéré Sean Penn - on ne peut être qu'admiratif. Il n'interprète pas, il est ce catcheur has-been, fauché et tristement seul qui va essayer de retisser des liens avec ceux qui lui restent, à commencer par sa fille, qui ne lui parle plus depuis qu'il est parti de la maison  en l'abandonnant quelques années auparavant.

Les premières séquences nous plongent en plein coeur de l'action et du monde du catch. Certaines scènes illustrent le folklore autour du catch, toute cette mise en scène mais également l'envers du décor et les souffrances que s'imposent ceux qui y participent. Les sévices physiques qu'ils s'infligent ne sont d'ailleurs pas très agréables à voir. Et il y a aussi ces cachets qu'ils s'enfilent pour tenir la cadence. D'ailleurs, Randy va accuser le coup et réaliser qu'il est seul et en sale état, et que s'il ne veut pas finir ainsi, il lui appartient de se racheter auprès de sa fille, interprétée par une Evan Rachel Wood, remarquablement convaincante.

Si le film se déroule dans un cadre pas forcément enthousiasmant de mon point de vue - le catch, ça va bien cinq minutes -  The Wrestler a été une énorme bonne surprise, un film incroyablement touchant et sincère, intelligemment construit et portés par des acteurs tous excellents avec notamment un Mickey Rourke - allez, j'ose ! - "revenu des enfers". Une quête de rédemption différente de celle de Boy A, mais une histoire aussi poignante. Darren Aronovsky, de son côté, confirme un énorme potentiel.

CDCs

50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_full50px_Star_half

L'avis de la presse

Avec sa modestie en bandoulière et sa tristesse en serre-têtes, The Wrestler, film duquel et dans lequel on ne se relève pas, assure aux yeux de tous que Darren Aronofsky est l'un des plus grands cinéastes de son époque. Dvdrama

L'acteur affiche un jeu tout en finesse et en générosité, toujours à fleur de peau, et tellement juste qu'il nous émeut aux larmes. Le JDD

 

26 février 2008

[ciné] INTO THE WILD

intothewild1

AVEC EMILE HIRSCH, MARCIA GAY HARDEN, WILLIAM HURT - UN FILM DE SEAN PENN ETATS_20UNIS4 AVENTURE - 2h27 - 2008 - Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui. Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres. Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.

Human nature

       Après The Pledge - fiche critique à venir - Sean Penn repasse derrière la caméra pour l'adaptation casse-gueule d'un roman de John Krakauer intitulé Voyage au bout de la solitude. S'il confirme qu'il est un excellent filmeur - davantage dans les plans rapprochés très soignées que sur ces grandiloquentes séquences classiques et faciles de paysages pour en mettre plein la vue - il s'enferme à nouveau dans un académisme bien trop évident. Sa réalisation et son propos, bien que portées par de bonnes intentions, ne permettent pas à son oeuvre de prendre une dimension humaine et forte. Il nous paraît assez difficile - alors que c'était le but évident de l'auteur - de s'identifier à ce personnage central utopiste, donneur de leçons à tout va, dans sa quête de la vérité et de son être. Bien entendu, les références littéraires et politiques vont appuyer les idées du personnage de Emile Hirsch. Toutefois, la richesse humaine de Into the wild réside dans ses rencontres, anodines et attachantes que Chris fait au hasard de son chemin. Le personnage de Hal Holbrook, dans la dernière partie du film, apporte bien davantage de simplicité et de sagesse que ce jeune homme plein d'élan romantique, prêt à tout sacrifier - famille, études et biens - pour l'accomplissement de sa grande aventure. Ne serait-ce pas là finalement que l'on ressentirait le plus d'empathie : ce vieil homme seul sur le bord d'une route de l'Amérique profonde dont la vie s'est arrêté lorsque les siens l'ont quitté brutalement - à l'opposé de Chris qui s'en est éloigné par choix ?
     D'ailleurs, on se demande finalement si ce ne sera pas cela qu'il fuit - sa famille, les disputes et les mauvais souvenirs - davantage que cette société de consommation qu'il condamne - et on ne peut qu'acquiescer - et cet avenir prometteur porté par des diplômes prestigieux mais sans valeur à ses yeux.

Si l'on retenait que les points forts du film, on saluerait les choix de cadrages et la photographie de ce film bien davantage que le ton solennel de celui-ci et de son personnage, quelque part assez maniéré. On retiendrait également cette conclusion ( "Happiness only real when shared" ) qu'écrit Chris dans son bouquin, fataliste et résolu. Tout ce bonheur sous ses yeux, ce plaisir du dépaysement et de la communion avec la nature, trouve t'elle un sens si, en fin de compte, elle n'est pas vécue et partagée ? Une question que l'on est en droit de se poser, tant pour le film que pour l'idée que véhicule celui-ci.

FAV 13 / 20

L'avis de la presse

(...) le film pêche par un manque d'allant, un ton trop didactique et une solennité finale qui confine à la naïveté. Pierre Eisenreich - Positif

Hélas, Sean Penn privilégie un traitement exclusivement romantique, qui manque de crédibilité et de vérité humaine. Bruno Bouvet - La Croix

Avec son mélange de paradoxes et de contradictions, Into the Wild ressemble, sans l'ombre d'un doute, à son auteur : à la fois énervant et séduisant, excluant et généreux, âpre et tendre. Gérard Delorme - Première

Le film laisse une curieuse impression : celle d'une exceptionnelle aventure humaine, superbement mise en image, mais sans centre de gravité. On sort de là partagé entre l'admiration et l'insatisfaction. François Forestier - TeleCineObs

Filmographies

Sean Penn ( réalisateur - The indian runner, Crossing guard, The Pledge  ... ) 

Prochaine toile

La famille Savage de Tamara Jenkins

Posté par Wilyrah à 11:56 - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,



« Accueil  1